Alors que le confinement se prolonge et que les médias annoncent en permanence le nombre, toujours croissant, des victimes du COVID-19 dans notre pays et dans le monde entier, il est tout à fait envisageable que votre moral commence à en prendre un sacré coup dans les gencives.

Si vous sentez vous aussi, chez vous, ou chez l’un de vos proches, une petite baisse de régime psychologique, pas d’affolement, cela est tout à fait normal. En effet, il est démontré que les périodes de confinement sont très souvent, chez tout un chacun, la source d’un accroissement de sentiments sympathiques tels que l’angoisse, l’anxiété, la peur et même la colère. En outre, la probabilité de voir apparaître ces derniers augmente fortement dès lors que le confinement dépasse 10 jours.

Une des explications à la survenue de ces quelques désagréments psychiques tient dans le fait que le contexte actuel fournit à notre cerveau toute la nourriture le conviant à passer en mode pessimisme. Voyons cela de plus près…

Comment le confinement nourri le pessimisme ?

N’avez-vous jamais remarqué, chez vous, une tendance à :

  • Être plus réceptif aux mauvaises nouvelles comparativement aux bonnes
  • Être plus facilement affecté par les critiques que par les compliments
  • Être plus au taquet pour remarquer les défauts des autres (et les vôtres) que leurs qualités
  • Être plus réactif à ce qui vous fait peur par rapport à ce qui vous fait plaisir

Si vous vous reconnaissez, de près ou de loin, dans quelques-uns des éléments de ma petite liste, là non plus n’ayez crainte. Vous êtes simplement en proie avec un mécanisme naturel du cerveau que les scientifiques nomment le biais de négativité. Pour définir cette drôle de bestiole, je dirais qu’il s’agit d’une programmation de notre boîte à neurones qui l’incite à donner plus de poids et d’importance aux informations négatives par rapport aux positives. Cette manière de fonctionner a 3 conséquences principales :

  • Nous interprétons plus volontiers les faits avec un angle négatif. Dit autrement, le verre nous apparaît plutôt à moitié vide qu’à moitié plein.
  • A importance égale une mauvaise nouvelle nous semble plus forte qu’une bonne
  • Nous traitons avec plus de finesse le négatif que le positif. A ce propos, savez-vous que dans notre langue nous disposons d’un vocabulaire plus varié pour décrire le mauvais par rapport au bon ?

En temps normal ce biais de négativité, en nous permettant d’identifier et d’anticiper les problèmes et les risques que nous pourrions rencontrer lorsque nous voulons faire quelque chose, est plutôt un allié. Pour autant, dans la situation actuelle, il est fort probable qu’il se retourne contre-nous en exacerbant notre pessimisme (si vous voulez en savoir plus sur le biais de négativité, ne perdez pas l’occasion de consulter CET ARTICLE).

En effet, la situation que nous connaissons aujourd’hui comporte une double particularité. La première réside dans le fait que nous sommes bombardés en permanence d’informations angoissantes et inquiétantes (nombre de morts, nombre de cas, manque de masques, manque de respirateurs, urgences saturées, risque d’écroulement économique…). Et, dans le même temps, nous nous retrouvons privés de la plupart de nos repères et sources d’émotions positives habituelles (lien avec les amis et/ou la famille, activité professionnelle, loisirs…) qui venaient contrecarrer le biais de négativité. Par conséquent, si nous n’y prenons pas garde, nous pouvons potentiellement connaître un déséquilibre positif / négatif  nous conduisant à ne plus voir que ce qui ne va pas et à passer notre temps à anticiper et envisager le pire. En somme, en confinement nous sommes toutes et tous des pessimistes en puissance…

Quels sont les effets du pessimisme ?

Il existe pléthore d’études et de travaux scientifiques s’intéressant aux effets néfastes du pessimisme sur la santé notamment lorsqu’il est vécu sur une longue période de temps. En voici un petit recueil non exhaustif :

  • Une augmentation du risque de développer une dépression
  • Une baisse de la performance du système immunitaire (ce qui, vous en conviendrez, n’est pas la meilleure chose qui soit par les temps qui courent…)
  • Une moindre récupération après une maladie (là aussi, nous ne sommes pas en présence d’un atout majeur…)
  • Des relations familiales et conjugales perçues comme moins satisfaisantes (embêtant si vous êtes confinés avec votre conjoint et/ou vos enfants…)
  • Un sur-risque d’être atteint par une affection cardiaque

Bon OK, je stoppe là ma petite énumération… Je ne voudrais pas me montrer coupable d’alimenter, à mon tour, votre tendance au pessimisme en faisant tourner à pleine vitesse votre biais de négativité.

Et si vous vous mettiez à la pratique de l’optimisme ?

A ce moment de votre lecture, sachez  qu’il y a tout de même une bonne nouvelle puisqu’il existe une manière de rétablir l’équilibre psychologique entre le positif et le négatif : elle consiste tout simplement à entraîner volontairement votre optimisme. Avant de vous expliquer cela et de vous dispenser quelques clés pour y parvenir, le bon scientifique que je suis ne peut s’empêcher de vous donner une petite définition de l’optimisme. Que voulez-vous ! On ne se refait pas. Alors… l’optimisme renvoie à 3 attitudes principales :

  • Envisager ce qui nous arrive sous l’angle le meilleur
  • Percevoir en premier lieu l’issue positive des événements
  • S’attendre à vivre des expériences positives dans le futur

Voyons à présent comment développer des tendances optimistes chez vous rapidement…

Clé n°1 : Tenez un journal de gratitude

Dès ce soir munissez-vous d’un petit carnet et, juste avant de vous endormir et de fermer les yeux, prenez quelques minutes pour y noter 3 choses qui se sont passées dans votre journée et pour lesquelles vous avez envie de dire merci. Par exemple, vous avez vu le sourire de votre enfant, votre conjoint vous a préparé le petit-déjeuner, vous avez fait une activité qui vous plaît, vous avez assisté au lever du soleil, votre voisin a fait les courses pour vous… Pratiquez cela pendant toute la durée du confinement.

Sachez que l’expression de gratitude, via ce petit exercice notamment, a des effets intéressants : réduction du stress et de l’anxiété, diminution des difficultés d’endormissement ou encore amélioration des relations de couple. Pour en savoir plus sur la gratitude, vous êtes libre d’aller consulter un autre de mes articles en cliquant sur le lien qui suit: La gratitude, un super héros.

Clé n°2 : Torpillez vos idées pessimistes

Pour mettre en place cette deuxième clé, il est essentiel que vous placiez dès à présent votre petite voix interne sous surveillance afin de la remettre dans le droit chemin dès qu’elle prend joyeusement les routes du pessimisme. Par conséquent, dès lors qu’elle vous sert des pensées du genre : “On ne va jamais s’en sortir de cette situation”, “Tu tousses, c’est sûr tu as le coronavirus”, “Tu ne pourras pas payer tes factures le mois prochain”. Et j’en passe… Posez-vous les questions suivantes :

  • Qu’est-ce que cette pensée me fait ressentir et faire ?
  • Qu’est-ce que cette pensée m’empêche de faire et de ressentir ?
  • Qu’est-ce que je penserais, ferais et ressentirais si cette pensée était absente ?
  • Quelles sont les preuves en faveur de ma manière de pensée ?
  • Quelles sont les autres manières possibles d’interpréter la situation ?
  • Qu’est ce que j’aimerais penser à la place de plus utile pour moi ?
  • Quelles sont les conséquences de cette nouvelle pensée ?

Je vous avoue que cette deuxième manière de faire demande un peu d’entraînement mais une fois que vous la maîtrisez elle est redoutable… Pour découvrir comment torpiller vos idées pessimistes de manière plus radicale, je vous invite à consulter cet autre article : Je pratique (presque) l’optimisme.

Clé n°3 : Projetez-vous dans le futur

Pour cette dernière astuce, je vous invite à prendre de quoi écrire.

Maintenant, installez-vous confortablement et donnez-vous le temps d’imaginer que vous êtes en juillet 2021 avec une ou plusieurs personnes que vous appréciez particulièrement en train de discuter dans un endroit qui vous plaît. Par exemple, vous êtes sur une plage magnifique entrain de prendre l’apéro et d’échanger avec un(e) ami(e) proche. Le sujet de votre discussion est le confinement de mars et avril 2020. Au cours de la discussion votre ami(e) vous pose une question qui pourrait prendre la forme suivante : “A présent que le confinement est derrière nous, peux-tu me dire comment tu l’as dépassé positivement et ce qu’il t’as appris ?”. Une fois que tout cela est fait, notez la réponse que vous faîtes à votre ami(e). Vous pouvez refaire l’exercice plusieurs jours de suite et ainsi compléter votre réponse jusqu’à ce qu’elle vous apparaisse comme complètement satisfaisante.

Ne perdez pas d’autres clés…

Je vous remercie de m’avoir lu jusqu’au bout et vous signale que vous avez toute liberté d’aller lire un autre de mes articles intitulé 10 conseils de psy pour mieux vivre le confinement afin de disposer d’encore plus de clés pour passer au mieux la période inédite que nous vivons en ce moment.

En outre, si vos soirées de confinés sont un peu longues, je vous invite à aller voir un très beau film sur le bonheur. Profitez-en vite, il est gratuit uniquement pendant la durée du confinement.

Pour voir le film, il vous suffit de cliquer sur l’image. Bon visionnage.

Sur ce, je vous laisse reprendre le cours (presque normal) de votre vie et surtout : prenez soin de vous !!!

Faîtes déstresser les autres
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2 Comments

  1. Salut Grégory et merci pour cet article. Le lien vers le film documentaire “c’est quoi le bonheur pour vous” et toujours actif. Donc c’est cool.

    Moi personnellement pendant ce confinement, c’est le fait justement d’avoir été actif et de continuer à aller marcher et courir qui m’a permis de rester stable malgré les aléas des émotions et ma perte de revenus liée au Covid.

    Je suis de plus en plus convaincu que la psychologie humaine est beaucoup trop dissociée du corps des sensations et des émotions. J’adore la psychologie positive j’adore philosopher sur les attitudes les réactions faire des raisonnements. Mais on voit bien que chaque personne ou du moins chaque groupe de personnes peut être très différent.
    En tout cas je crois que ce qui nous relie vraiment, c’est quelque chose d’assez simple. C’est notre nature profonde. Celle de faire un pas devant l’autre dans notre environnement terrestre.
    Du coup je crois de plus en plus au pouvoir du bien-être par un bain de nature, de jardin ou de forêt.
    Je pratique chaque matin la marche matinale et je suis convaincu que cela m’amène énormément de bienfaits dont je n’ai peut-être pas encore conscience.
    à très bientôt et bonne continuation à toi.

    1. Grégory Besnard

      Bonjour Julien,
      Merci pour ton message. Je découvre ton blog et me rend compte que nous sommes sur des thématiques proches c’est cool. Vive la psychologie positive.
      Merci aussi pour ton témoignage, bonne continuation également.

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