Attention !!! Vous êtes sur le point d’entamer la lecture de la seconde partie de la chronique du livre de Johann Hari (JH) « Chaque dépression a un sens » dans laquelle vous découvrirez 7 clés pour sortir de la dépression…

… mais… avant de vous lancer dans cette aventure, je vous invite à ne pas rater la première partie de la chronique qui éclaire cette deuxième partie et dans laquelle vous apprendrez en quoi la dépression et l’anxiété ne sont pas la résultante de dérèglements du cerveau mais plutôt la conséquence de facteurs extérieurs. Pour lire la première partie, vous êtes libre de CLIQUER ICI.

Chapitre 14 – La vache

Si la dépression, comme cela a été mis en avant dans la première partie de la chronique, est la conséquence de facteurs extérieurs qui ont tous en commun de nous séparer de ce dont nous avons vraiment besoin (des autres, d’activités qui ont un sens, de contact avec la nature, de reconnaissance…), la principale thérapie va donc consister à recréer du lien.

Chapitre 15 – Nous avons construit cette ville

Cette partie retrace le parcours de l’auteur dans sa recherche des solutions pour recréer du lien. Elle n’est pas résumable ici.

Chapitre 16 – Recréer du lien 1 : Avec les autres

Des chercheurs se sont un jour posés la question philosophique suivante : « Si vous vous décidiez, là, tout de suite, à consacrer plus de temps à rechercher le bonheur, cela vous rendrait-il effectivement plus heureux dans une semaine ou dans un an ? ». Les résultats qu’ils obtinrent montrèrent une chose inattendue. Le fait de rechercher volontairement le bonheur, ne vous rendra pas plus heureux si vous habitez aux États-Unis, alors que ce sera le cas si vous résidez en Russie, à Taïwan ou encore au Japon. Comment expliquer cette différence ?

Cela tient en partie à ce qu’en Occident nous avons une manière individualiste d’envisager la vie alors qu’en Asie, elle est plutôt collective. Ainsi, si quelqu’un décide de partir en quête du bonheur aux États-Unis, il le fera pour lui-même. Il pourra s’acheter des biens ou encore faire du développement personnel. A contrario, une personne qui essaiera volontairement d’être heureuse en Russie ou en Chine, cherchera d’abord à améliorer la situation du groupe auquel elle appartient et des gens autour d’elle.

Or, les différents travaux menés sur le bonheur montrent tous que l’unique façon qui mène au but recherché est celle qui passe par les autres.

L’enseignement principal de ces recherches scientifiques peut se résumer ainsi : lorsque vous allez mal ne cherchez pas à faire quelque chose pour vous mais plutôt à vous rendre utile à quelqu’un d’autre. Par conséquent, une personne en dépression aura tout intérêt à se mettre au service de ses proches et à faire en sorte qu’ils se sentent mieux.

Chapitre 17Recréer du lien 2 : Prescrire une vie sociale

Ce chapitre relate l’histoire d’un médecin qui, pensant que la dépression de ses patients n’était pas liée à leur corps ou à leur cerveau mais à leur vie, se mit à leur prescrire ni plus ni moins qu’une vie sociale. Il leur demanda de participer à des programmes de restauration de terrains laissés en friche. Ainsi, les patients étaient amenés, sous la direction d’une personne extérieure, à embellir collectivement un endroit spécifique à l’abandon depuis des années.

Après des débuts chaotiques, les patients se mirent à sentir que leur existence avait un sens et qu’ils pouvaient se rendre utiles ce qui améliora considérablement leur dépression. Une des patientes raconte à ce propos comment elle s’est sentie libérée de son obsession pour elle-même en commençant à s’inquiéter du sort des autres. En prenant une part active dans le projet et dans la vie du groupe, son prisme uniquement individuel s’était soudain élargi et ses problèmes personnels s’étaient vu mis en perspective.

Une étude scientifique menée en Norvège sur des patients dépressifs confirme l’intuition du médecin prescripteur de vie sociale. Elle montre en effet que la participation à un programme de jardinage collaboratif était capable de faire redescendre les patients de 4,5 points sur l’échelle de la dépression, soit au passage 2 fois plus que les antidépresseurs.

Chapitre 18Recréer du lien 3 : Retrouver un travail épanouissant

La plupart des enquêtes réalisées auprès de travailleurs montrent que près de 90 % des personnes se déclarent indifférentes à leur emploi quand elles ne le supportent carrément pas. Il apparaît donc que dès lors que nous travaillons, nous avons 2 fois plus de chances de détester ce que nous faisons que de l’aimer. Ce qui, il fait l’avouer, ne serait pas si ennuyeux si nous ne passions pas autant de temps au travail.

Bien entendu, le travail est une chose essentielle et nombre de tâches, qui peuvent apparaître ennuyeuses de prime abord, doivent être réalisées pour le bon fonctionnent de nos sociétés.

En fait, là n’est pas vraiment le problème. En effet, ce qui nous rend malade du travail, et tend à favoriser l’anxiété et la dépression, ce n’est pas la nature de l’activité mais 3 choses spécifiques :

  1. Le sentiment d’être contrôlé et d’être un simple rouage sans autonomie et sans influence.
  2. Le sentiment que, quel que soit le cœur qu’on mette à l’ouvrage, on sera traité de la même manière que si l’on ne s’impliquait pas car personne n’est là pour reconnaître notre implication.
  3. Le sentiment de se situer en bas de l’échelle et de n’être qu’une personne infiniment inférieure au patron.

Nous savons donc que :

  • Si dans l’exercice de ses missions une personne n’a pas son mot à dire et ne peut pas donner son avis, son travail lui apparaîtra automatiquement ennuyeux et sans intérêt. Et ce, indépendamment de la nature de l’activité réalisée.
  • A l’inverse, si elle dispose d’une certaine autonomie, elle pourra y investir certaines valeurs, lui donner un sens et se l’approprier. Dans ce cas, elle pourra par exemple, si une tâche lui déplaît, faire des propositions pour la modifier ou demander à l’exercer en alternance avec une activité plus épanouissante.

A ceux qui pensent que le 2ème cas de figure relève de l’utopie sur le plan économique, l’auteur cite une étude réalisée sur 320 petites entreprises. La moitié de ces entreprises étaient dirigées hiérarchiquement, tandis que l’autre laissait les employés fixer leurs propres objectifs et fonctionnait selon des principes démocratiques. Les résultats montrèrent que les entreprises les plus démocratiques avaient une croissance en moyenne 4 fois supérieure aux autres.

Chapitre 19Recréer du lien 4 : Retrouver des valeurs fondamentales

Le fait de poursuivre des valeurs matérialistes qui prônent la possession, le statut social ou encore l’exercice du pouvoir comme moyen ultime de l’atteinte du bonheur ne conduit en fait qu’à la dépression et à l’anxiété. C’est ce que montrent en tous cas les recherches menées sur le sujet.

Mais comment échapper à ce matérialisme qui dégouline de tous les pans de notre société ? Plusieurs solutions peuvent être envisagées.

La première consiste à restreindre notre contact avec l’un des plus importants vecteurs du matérialisme : la publicité. C’est ce qu’a tenté en 2007, la ville de São Paulo, au Brésil. La municipalité a fait interdire toute forme de publicité dans l’espace public. De l’avis des citadins, cette décision a fait de la ville un lieu plus agréable qui leur permettait de se sentir mieux.

Une autre manière de se libérer est d’acheter moins de biens. Il faut savoir que la plupart des personnes qui achètent un bien disent le faire en raison du fait qu’elles se sentent « déprimées ». En fait, la plupart du temps, la fait de dépenser de l’argent, n’est pas lié à l’objet acquis lui-même mais plutôt à un désir de réconfort psychologique.

Pour terminer ce chapitre, JH relate une expérience intéressante menée dans le but explicite de permettre aux participants de se libérer des valeurs matérialistes auxquelles nous obéissons la plupart du temps en pilote automatique.

La première étape de ce travail consistait à demander aux participants de citer, au sein d’une groupe de parole, un objet qu’ils avaient ardemment désiré, de le décrire, de raconter comment ils en avaient entendu parler, pourquoi ils en avaient eu envie, ce qu’ils avaient ressenti en l’achetant et comment ils s’étaient senti quelque temps après. Il en était ressorti que très souvent la majeure partie du plaisir se trouvait dans l’attente et dans l’anticipation de l’achat plutôt que dans sa possession. A l’issue de cette première étape, les participants commencèrent à comprendre à quel besoin ces achats répondaient véritablement. Il s’agissait la plupart du temps de combler un vide, le vide de la solitude.

La seconde étape consistait à faire dresser une liste des valeurs qui étaient importantes pour eux, autrement dit des choses qui comptaient à leurs yeux indépendamment de ce qu’il était possible d’en retirer. Enfin, on leur demanda en quoi leur vie serait différente s’ils se mettaient à agir en fonction de ces valeurs et on les laissa discuter entre eux.

Pour terminer, chacun devait, au cours de réunions hebdomadaires, témoigner de ce qu’il avait entrepris pour tenter de s’approcher des choses importante.

Les participants remontèrent un bien-être de plus en plus important au cours des réunions en raison du fait que leur vie était de plus en plus dirigée vers ce qui était le plus important pour eux.

Chapitre 20Recréer du lien 5 : Pratiquer une empathie joyeuse et surmonter l’addiction au moi

Dans nos sociétés, nous sommes extrêmement individualistes. En fait, notre environnement nous renvoie régulièrement des messages qui nous incitent à nous comparer aux autres et, quelque part, à être en rivalité avec eux. En quelque sorte, on nous forme à envisager la vie comme une lutte et nous nous retrouvons pris dans une dynamique infernale, ballottés entre notre propre jalousie pour autrui et notre volonté d’être jalousés des autres.

Pour sortir de cela, il existe une méthode dont les effets sont prouvés scientifiquement. Elle porte de nom de « joie sympathique ». En voici les étapes :

  • Fermez les yeux et imaginez que quelque chose de positif vous arrive (tomber amoureux, faire quelque chose dont vous êtes fier…) et laissez-vous traverser par la joie ressentie
  • Répétez l’opération en imaginant qu’une chose merveilleuse arrive à une personne aimée.
  • Ensuite recommencez avec une personne que vous connaissez à peine (caissière du supermarché, dentiste…) en essayant de vous réjouir et de ressentir une joie authentique
  • Refaites de même avec une personne que vous n’appréciez pas, puis avec une autre que vous détestez ou que vous jalousez en vous efforçant toujours de ressentir la même joie authentique comme si l’événement vous arrivait à vous ou à une personne aimée.

Pour que cela fonctionne, il faut s’astreindre à l’exercice tous les jours pendant 15 minutes.

Ce protocole de la « joie sympathique » est en fait une forme de méditation : cette technique très ancienne qui a maintenant fait ses preuves dans le traitement de l’anxiété et de la dépression.

Une étude a mis en avant que la participation, pour des patients dépressifs, à un stage de méditation de 8 semaines augmentait significativement leurs chances de guérison par rapport à un groupe contrôle n’ayant pas réalisé le stage. 58 % des patients du groupe contrôle retombèrent en dépression quelques semaines après la fin du stage contre 38 % des patients ayant participé.

Si la méditation est aussi efficace c’est avant tout parce qu’elle permet de cultiver dans son quotidien les valeurs d’amour et de bienveillance qui sont à l’opposé des valeurs matérialistes. Elle nous permet, pour ainsi dire, de développer un muscle nous amenant à mieux résister aux pires aspects de notre civilisation.

Dans une autre mesure, elle nous invite à suspendre notre addiction à nous-mêmes. Or, dans la dépression les personnes sont obsédées par leur souffrance, leurs blessures et leur colère. Elles ne voient plus ce qui se passe autour d’elles.

Bien entendu, il n’y a pas que la méditation qui permette cela. En fait, toutes techniques qui vous amènent à vous interroger sur ce qui est vraiment important pour vous et à modifier vos schémas de pensée pourra vous apporter les mêmes résultats.

Chapitre 21Recréer du lien 6 : Reconnaître et dépasser ses traumatismes infantiles

Un traumatisme vécu dans l’enfance peut être à l’origine d’une dépression ou d’une anxiété. Il augmente même la probabilité de connaître de tels problèmes à l’âge adulte.

La libération des effets d’un traumatisme ne demande pas nécessairement des années de thérapie. Le simple fait que ce traumatisme soit reconnu par une figure d’autorité peut amener des avancées significatives.

C’est ce qu’à mis en évidence un médecin. Pour ce faire, il suivi une procédure très simple. A chaque fois qu’un patient dépressif ou anxieux présentait un traumatisme infantile, il s’adressait à lui en ces termes : « Je vois que vous avez dû faire face à un événement traumatique durant votre enfance. J’en suis désolé, une chose pareille n’aurait jamais dû vous arriver. Souhaitez-vous m’en parlez ? ». Si le patient acquiesçait, il l’assurait de sa compassion et lui demandait si, selon lui, ces événements avaient eu sur sa vie des effets négatifs sur le long terme et pouvaient avoir une influence sur son état de santé actuel. L’étude systématique et statistique des données recueillies sur le suivi de ces patients montrèrent que les patients que l’on avait écouté semblaient connaître significativement moins de maladies : la probabilité qu’ils reviennent voir le médecin, sous quelque motif que ce soit, diminuait de 35 %.

Dans la même optique, une étude montra que les personnes qui s’étaient vue offrir la possibilité de parler de leur traumatisme au cours d’une séance de psychanalyse voyaient leur probabilité de consulter un médecin l’année suivante pour des problèmes physiques ou une addiction diminuée de 50 %.

Ces expériences nous révèlent que les problèmes rencontrés par les victimes d’un traumatisme infantile ne sont pas tant dus au traumatisme lui-même qu’au fait de le dissimuler, de n’en parler à personne.Comme le mentionne JH, quand on enferme un traumatisme, il s’infecte et il grandit.

Chapitre 22Recréer du lien 7 : Retrouver confiance en l’avenir

Deux choses sont indispensables pour recréer du lien : du temps et de la confiance en l’avenir. Deux ressources qui malheureusement se font de plus en plus rares.

En faisant des recherches pour ce livre, l’auteur raconte qu’il a eu vent d’une expérience précisément conçue pour redonner aux gens du temps et un sentiment de confiance en l’avenir.

Celle-ci se déroula dans une petite bourgade canadienne de 17 000 habitants regroupant majoritairement des agriculteurs qui vivaient de la culture d’une plante nommée canola. Ces personnes avaient beau suer sang et eau, elles vivaient dans une grande précarité. Quand la récolte était bonne, tout allait pour le mieux mais, si elle était mauvaise tout le monde en pâtissait. En fait, pour eux tout ce passait comme si l’insécurité était liée uniquement au manque d’argent.

Un jours, il fut décidé que toute la population de cette ville se verrait verser, chaque année, sans aucunes conditions un chèque d’un montant suffisant pour garantir leur subsistance mais ne permettant pas non plus de vivre dans le luxe. Ainsi, pendant plusieurs années, les habitants de Dauphin se virent garantir par le gouvernement un revenu annuel de 19 000 dollars. C’est ce que l’on appelle le revenu universel.

Voici les effets obtenus :

  • Les étudiants continuaient leurs études plus longtemps et obtenaient de meilleurs résultats
  • Le nombre de nourrisson morts d’un poids insuffisant à la naissance avait décliné car les femmes faisaient des enfants plus tard
  • Les parents restaient plus longtemps à la maison après la naissance de leur enfant
  • Le nombre d’heures travaillées diminuait légèrement à mesure que les gens prenaient plus de temps pour profiter de leurs enfants ou pour s’instruire
  • Les consultations médicales pour des troubles de l’humeur était en baisse
  • Les nombres de dépression et d’anxiété baissèrent dans des proportions significatives. En à peine 3 ans, il connurent un recul de 9 %.
  • Les troubles du comportement, tels que les TDAH (Troubles du déficit de l’attention) ou la dépression infantile diminuèrent de 40 %.

En fait, cette expérimentation a simplement permis de faire disparaître (ou du moins alléger) le stress qui pesait sur les gens au quotidien. Ils savaient pouvoir compter sur un revenu minimal pour les mois et les années à venir, et cela leur permettait de se projeter dans un futur stable. Il pouvait donc se consacrer à ce qui était important : les enfants, les études ou encore le fait de (re)trouver un travail épanouissant qui ait un sens

Conclusion : Retour à la maison

Pour terminer son livre, JH indique que les 7 solutions qu’il mentionne n’écartent pas l’efficacité des antidépresseurs chimiques dans certains cas. Ils peuvent soulager efficacement une minorité de malades, pour un temps et ce n’est pas rien.

Pour autant, il insiste sur le fait qu’il est faux de prétendre que la dépression est le fruit d’un déséquilibre chimique dans le cerveau, dont les antidépresseurs peuvent venir à bout dans la majorité des cas.

En fait, les causes de cette maladie sont biologiques, psychologiques et sociales. Et, dans la plupart des cas, le facteur premier est l’aspect social. Même l’OMS reconnaît que les maladies mentales sont produites par la société et que leur présence ou leur absence est avant tout un indicateur de la santé de la société. Elle nécessitent dont des solutions sociales autant qu’individuelles.

Au final, la dépression et l’anxiété sont, pour JH, la réaction la plus saine que l’on puisse avoir. Elles sont un moyen de nous signaler qu’on ne devrait pas vivre comme on le fait, et que, faute de trouver rapidement quelqu’un qui nous remette dans le droit chemin, on risque de passer à côte de ce que la vie a de plus beau.

Mes kifs…

Ce livre, bien qu’écrit par un journaliste, répond selon moi à tous les critères d’un ouvrage sérieux. On y trouve effectivement de nombreuses références scientifiques qui ont le mérite d’être habilement mêlées aux récits relatant la quête de l’auteur.

Avec cet ouvrage, JH rappelle à chacun que s’il se sent déprimé ou anxieux cela ne vient pas d’un dysfonctionnement de son cerveau ou de son corps mais est plutôt le signe que quelque chose d’important lui manque et, surtout, qu’il lui est possible de changer les choses sans nécessairement en passer par la case « antidépresseur ».

Mes regrets…

A vrai dire, je n’en ai pas vraiment. La seule chose que j’aurais à redire tient dans le fait que certains chapitres sont beaucoup moins étayés que d’autres sur le plan des références scientifiques ce qui m’a parfois laissé un sentiment de manque…

Mais bon ! Il n’y a franchement pas de quoi nuire à la qualité du livre…

Ma note sur ce livre : 9/10

Faîtes déstresser les autres
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