“Émotion Wars”, tout savoir sur vos émotions–Épisode 2 : Votre cerveau contre-attaque

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“Émotion Wars”, tout savoir sur vos émotions–Épisode 2 : Votre cerveau contre-attaque

cerveau

Attention cet article pourrait changer votre quotidien !!! Ne le lisez pas !!!

Bonjour à toutes et tous et merci de consulter cet article.

Top générique

De nos jours, dans notre galaxie, sur notre bonne vielle terre…

Cela a beau être la deuxième fois que je démarre un article “in the star wars style”, y’a pas à tortiller, je kiffe…

Ceci étant dit et c’était d’une importance capitale (non ?), laissez-moi vous souhaitez, qui que vous soyez et d’où que vous veniez, de cette planète ou d’ailleurs, la bienvenue. Merci de pointer présent à ce deuxième rendez-vous d’une saga d’articles (n’ayons pas peur des mots) consacrés à vos émotions.

Au passage, une saga pour laquelle ni moi, ni a fortiori vous, ne savons le nombre total d’épisodes qu’elle contiendra au final… Mais c’est promis dès que j’ai des nouvelles du réalisateur et du producteur, c’est à dire de mon cerveau qui n’est qu’un cumulard, je vous fais signe.

Après avoir fait connaissance avec vos six émotions de base dans l’article précédent (que vous êtes libre de consulter en suivant l’hyperespace de ce lienÉPISODE 1 – L’EMPIRE DES SIX), nous allons à présent parler de ces situations où vos émotions vous dépassent… Et ne me dîtes pas que cela ne vous arrive jamais…

Chronique d’un coup de sang

En guise d’introduction, laissez-moi d’abord m’épancher sur ma vie…

Il y a quelques temps de cela, j’exerçais le métier de musicien professionnel. Si, si, je vous assure, je gagnais ma vie en enseignant et en pratiquant la musique.

Parmi l’ensemble des activités que je réalisais alors, il y en a une que j’affectionnais tout particulièrement : la direction d’orchestre.

Pour vous donnez une image de ce qu’est la direction d’orchestre, j’étais celui qui bouge les bras devant les musiciens (que l’on appelle communément le chef d’orchestre) et je me retrouvais donc, une fois par semaine, devant 40 à 50 instrumentistes avec pour objectif de leur permettre de jouer ensemble. C’est bon, vous visualisez le truc ?

Un après-midi, alors que nous répétions en vue d’un concert que nous donnions le soir-même, je rencontrais les plus grandes difficultés à obtenir ce que j’attendais.

Vous m’auriez vu, je m’agitais en tout sens, m’efforçant de donner à chacun les indications qui me semblaient nécessaires dans l’optique de parvenir à un résultat que je considérerais comme acceptable. Seulement ça coinçait, je ne parvenais à rien qui me satisfasse. Plus le temps passait et plus je sentais la moutarde me monter au nez. Pour être tout à fait honnête, j’avais de plus en plus l’impression, avec raison ou non, que les musiciens en face de moi y mettaient de la mauvaise volonté.

Tout à coup, pour une raison qui m’échappe totalement aujourd’hui, je suis entré dans une colère rageuse. Je me suis littéralement fait attraper par l’émotion. Le vase émotionnel en moi s’était rempli et il venait de déborder…

Concrètement, je me suis mis à “gueuler” sur les gens, les houspillant sans vergogne, parlant à 50 personnes comme si elles étaient toutes des incapables notoires (et encore, je reste poli dans ma description…). Le tout en public… La classe internationale donc…

Pendant les quelques minutes qu’a duré ce spectacle désastreux, je n’étais littéralement plus maître de moi, je ne pouvais contrôler ni mes gestes, ni mes paroles. La seule chose qui m’importait c’était de décharger sur les gens toute cette agressivité qui s’était accumulée à l’intérieur de moi. J’étais en colère et mon corps faisant son job en libérant la tension.

Quand le trop plein fût évacué, j’ai me suis mis, petit à petit,  à reprendre mes esprits et, avec eux, à recouvrer des capacités de raisonnement disons normales… Dès lors, j’ai commencé à voir la situation sous un angle nouveau ce qui m’amena à changer complètement de stratégie pour utiliser les encouragements plutôt que les dénigrements. Ce qui s’avéra bien plus efface.

Aujourd’hui, même si la situation est derrière moi depuis longtemps, j’éprouve encore des regrets et une certaine honte à ce comportement déplacé que j’ai eu lors de cette répétition…

Un pirate de la raison dans votre cerveau ?

Mais qu’a t-il bien pu m’arriver ? Comment ai-je pu me conduire de la sorte ? Eh, bien, ce n’est pas que je veux me trouver des excuses mais j’ai été victime d’un coup d’état émotionnel.

Je m’explique.

Il y a dans mon cerveau, comme dans le votre d’ailleurs, une petite zone répondant au doux nom d’amygdale cérébrale (A ne pas confondre avec les amygdales que vous avez au fond de la bouche qui, si vous êtes à peu près normalement constitués n’ont rien à voir…).

Cette amygdale cérébrale est en quelque sorte votre agent de sécurité. Son rôle principal est de passer au crible toutes les informations envoyées par vos sens (ouïe, vue, odorat, toucher et goût) dans l’optique de vous protéger de ce qui pourrait éventuellement vous mettre en difficulté ou en péril…

De manière très concrète, cette amygdale n’a qu’une obsession : interpréter les événements qui vous arrivent en les comparant aux événements que vous avez déjà vécus, c’est à dire à ceux que vous avez stockés en mémoire.

Pour effectuer ces comparaisons, l’amygdale cherche à répondre aux questions suivantes sur une base émotionnelle :

  • S’agit-il de quelque chose que je redoute ?

  • Est-ce quelque chose que je déteste ?

  • S’agit-il de quelque chose qui peux me nuire?

Si la réponse est OUI pour l’une au moins de ces questions, alors, en bon agent de sécurité, l’amygdale sonne l’alerte générale et prend littéralement les commandes de la majeure partie de votre cerveau… et par la même occasion de votre esprit rationnel.

C’est dans ces moments-là que nous pouvons connaitre des réactions d’impulsion et adopter des comportements qui nous dépassent ou que l’on peut regretter (comme moi lors de ma répétition).

En sus de son rôle de garde du corps, l’amygdale est également la spécialiste des questions émotionnelles. A ce titre, elle génère et stocke les émotions afin de nous permettre d’apprendre en fonction de nos expériences passées. C’est ce qui explique que quelqu’un qui a été mordu part un chien générera automatiquement de la peur lorsqu’il en croisera un à nouveau, cela sera plus fort que lui.

Ne voyez pas pour autant votre amygdale comme une petite structure ne ramenant sa fraise que lorsque vous ressentez des émotions négatives dans le but de vous faire perdre les pédales. Non, non, non !!! Elle intervient aussi dans des moments plus sympathiques afin de vous faire profitez pleinement de choses positives… Par exemple, quand vous êtes pris d’un fou rire incontrôlable ou que vous ressentez une joie intense et profonde, c’est votre amygdale qui est à la manœuvre.

Un peu neurologie (moulée à la louche…)

Afin de vous permettre de visualiser ce qui se passe dans votre tête quand vos émotions vous dépassent, j’ai envie de vous faire un petit schéma sans prétention…

Je vous laisse en prendre connaissance et on s’en recause après…

 

image

C’est bon ? Pas trop mal aux yeux ?

A cet instant, je pressens poindre chez certains d’entre vous une petite remarque du style : “Euh…Jusqu’ici tu nous avais parlé de l’amygdale, et là, dans ton splendide schéma, tu nous refourgues, sans même nous en avertir, de nouveaux venus affublés de noms extrêmement loufoques. C’est qui ce thalamus et ce néocortex ?”

Afin d’étancher votre soif inextinguible de connaissance, laissez-moi vous décrire ce magnifique schéma et, par la même occasion, vous présentez les 2 potes de votre amygdale. Parce que faut pas déconner, votre amygdale ne se tape pas tout le boulot à elle seule.

Partons de la flèche bleue (en haut à gauche), elle symbolise les informations que vos sens ont récupérés de votre environnement.

La première structure que ces informations rencontrent est le thalamus dont le rôle principal est d’être un relais et un distributeur de l’ensemble des données parvenant à votre cerveau…

Vous êtes toujours là ? OK, poursuivons alors…

En gars fiable qu’il est, votre thalamus dirige ces informations simultanément dans 2 voies distinctes :

  • Le première est appelée la voie longue (symbolisée par les 2 flèches rouges sur le magnifique schéma). Dans celle-ci, les informations arrivent d’abord au néocortex. C’est lui qui, comme le disent les neuroscientifiques, est l’hébergeur de vos fonctions cognitives supérieures. Pour ma part, je considère le néocortex comme la partie “haut de gamme” du cerveau puisque c’est lui qui vous permet d’analyser et de réagir finement aux différentes situations que vous rencontrez. En fait, c’est le siège de votre raison. Dès que le néocortex a fait son job d’analyse fine de la situation, qu’il a pu jauger du plus et du moins, des avantages et des inconvénients et qu’il a déterminé des options d’action possibles, il envoie le fruit de son labeur à l’amygdale pour qu’elle y associe une émotion qui vous aidera à faire un choix d’action…

  • La deuxième  est dénommée la voie courte (représentée par la belle flèche violette sur ce schéma d’une extrême qualité). Dans cette dernière, découverte plus récemment, les scientifiques de la tête se sont aperçus que l’amygdale, curieuse comme elle est, récupérait un peu d’information en provenance du thalamus avant même que le néocortex ne fasse son travail. C’est de cette manière qu’elle est en mesure, si elle le juge nécessaire, à partir de quelques bribes d’information, de prendre les commandes de votre esprit et d’enclencher une réponse émotionnelle et comportementale. L’utilité de cette voie courte est de vous permettre de réagir à la vitesse de l’éclair en cas de situation de danger. Par exemple, pour reculer alors que vous n’aviez pas vu une voiture qui arrivait pendant que vous traversiez la route… En revanche, comme je l’évoquais dans mon exemple de colère devant mon orchestre, cette voie peut aussi être contre-productive voire néfaste dans notre vie sociale puisqu’elle est très imprécise.

Tout cela est-il clair ?

Pour résumé les choses, votre cerveau traite les informations que vous percevez selon 2 modes.

  • Un mode “raisonné” faisant intervenir le néocortex qui permet de réagir avec précision mais qui demande un temps de traitement long.

  • Un mode “automatique” ou “émotionnel pur” qui est très rapide mais qui manque de précision.

La revanche du néocortex

Nous venons de le voir, l’amygdale peut court-circuiter le néocortex. Néanmoins, ce-dernier a aussi son mot à dire… Non mais !!!

En fait, il a en son sein une partie appelée le cortex préfrontal, divisé lui-même en 2 parties (la droite et la gauche… oui, je sais c’est d’une grande originalité), dont la fonction est d’intervenir lorsque vous vivez une émotion intense.

Le cortex préfrontal gauche est en charge de la mémoire émotionnelle positive. Lorsqu’il s’active, il inhibe l’action de l’amygdale pour vous permettre de sortir du court-circuitage émotionnel et faire en sorte que vous soyez en mesure de faire face à la situation avec analyse. En gros, l’activation de cette partie du néocortex vous permet de sortir du mode de réaction automatique guidée par les seules émotions.

Le cortex préfrontal droite est quant à lui en charge de la mémoire émotionnelle liées à la peur et à la tristesse. Lorsqu’il s’active il a une tendance à renforcer l’action de l’amygdale ce qui a pour effet d’accentuer l’effet court-circuit. Ainsi, il est possible de dire que les moments où vous êtes emportés par vos émotions sont liés à une double dynamique : l’excitation de l’amygdale via la voie courte, d’une part, et le manque d’activation du cortex préfrontal gauche.

Ceux qui sont encore avec moi, lève les bras en l’air…

Je sais là aussi ce que vous allez me dire : ça nous fait une belle jambe ton histoire mais en quoi cela peut-il nous être d’une quelconque utilité de connaitre tout ceci ? Eh bien, j’ai envie de vous répondre que vous avez là, une des clés pour contrecarrer les piratages intempestifs de votre raison par votre amygdale : l’activation de votre cortex préfrontal gauche.

Comment faire ? C’est ce que nous allons voir pas plus tard que tout de suite en abordant 2 applications aux effets prouvés scientifiquement sur l’activation adéquate de votre cortex préfrontal gauche.

Application n°1 : Muscler votre cortex préfrontal par la relaxation

Librement inspiré des travaux de Couzon et Dorn et de Jacobson.

Il existe de multiples techniques de relaxation qui visent toutes, par le biais d’un travail sur la respiration et la prise de conscience de toutes les parties du corps, à entrer en contact avec un état de détente.

Voici une procédure express de relaxation (5 minutes)

– Installez-vous dans un endroit où vous serez tranquille, dans une position confortable.

– Coupez votre téléphone portable (si, si, c’est possible je vous assure)

– Prenez conscience de votre respiration : quel est son rythme ? Sa localisation ?

– Prenez le temps d’observer l’ensemble des parties de votre corps : quelles sont celles qui sont tendues, celles qui sont détendues ?

– Prenez une grande respiration, retenez-là et contractez l’ensemble des parties de votre corps. Prenez conscience des tensions installées. A l’expiration, relâchez tout. Répétez cette opération 3 fois de suite.

– Prenez à nouveau conscience de votre corps et notez ce qui a évolué.

– Attardez-vous sur les zones qui restent tendues et imaginez que vous envoyez votre inspiration dans ces zones et lorsque vous expirez que les tensions se dissipent en même temps que l’air quitte votre corps. Observez les effets produits.

Vous pouvez répéter cet exercice plusieurs fois par semaine, dès que vous vous sentez en tension.

Application n°2 : Muscler votre cortex préfrontal par la méditation de pleine conscience

Librement inspiré des travaux de Jon Kabat-Zinn.

La pleine conscience est une version laïque de méditation qui s’inspire des pratiques ancestrales et religieuses.

Contrairement à la relaxation, son objectif n’est pas la détente mais le non-faire. Il s’agit en fait d’être pleinement conscient de ce qui se passe en vous et autour de vous à l’instant présent. On pourrait dire que la méditation de pleine conscience c’est l’art d’être dans l’ici et le maintenant en toute lucidité.

La pleine conscience entraîne l’esprit à se libérer du flot de pensées pour se concentrer sur le moment présent plus longtemps et plus profondément. Les bienfaits sont tels que la méditation de pleine conscience est de plus en plus utilisée de façon clinique pour soigner des maladies mentales, et notamment celles liées au stress.

Voici une technique simple pour commencer à méditer sachant qu’une pratique efficace ne s’obtient que par un entraînement régulier.

– Installez-vous dans un endroit dans lequel vous ne serez pas dérangé, de préférence en position assise.

– Portez votre attention sur votre respiration (mouvements du ventre, visualisation de l’air qui entre et sort du nez…).

– Chaque fois que vous observez que votre esprit n’est plus attentif à votre souffle, notez simplement à quoi il s’est attaché, lâchez prise et revenez à votre respiration.

– Réalisez cet exercice pendant au moins 10 minutes, 1 fois pas jour minimum.

– Progressivement, allongez ce temps jusqu’à 30 minutes ou plus.

 

Voilà, j’en arrive au terme de cet article. Bon entrainement de votre cortex préfrontal.

Un grand merci à vous de m’avoir lu et rendez-vous pour l’Épisode 3 de la saga “Émotion Wars”. Vous en apprendrez plus sur la manière de devenir un jedi émotionnel.

Vous êtes libre de laisser vos impressions sur cet article dans les commentaires.

Biblio…

Goleman, D., & Piélat, T. (2003). L’intelligence émotionnelle: accepter ses émotions pour développer une intelligence nouvelle. J’ai lu.

Couzon, E., & Dorn, F. (2007). Les émotions: développer son intelligence émotionnelle. ESF.

Légeron, P. (2015). Le stress au travail: un enjeu de santé. Odile Jacob.

Bottaccioli, F. (2012). Psychoneuroendocrinoimmunologie. Resurgence.

Kabat-Zinn, J. (2016). Au cœur de la tourmente, la pleine conscience. De Boeck Superieur.

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