Je pratique (presque) l’optimisme. Et vous ?

Transformez votre quotidien et accédez au bonheur scientifiquement prouvé

Je pratique (presque) l’optimisme. Et vous ?

Optimisme pessimisme

Attention cet article pourrait changer votre quotidien !!! Ne le lisez pas !!!

Si vous avez déjà été faire un petit détour par l’à propos de ce blog (ICI), ou encore été flâner sur l’article que je consacre à mon défi (ICI), vous savez certainement qu’un des moteurs qui me pousse à transformer mon quotidien c’est le désir ardent de recouvrer une santé optimale, tant sur le plan physique que psychologique (Oui je sais ! Ça démarre fort avec cette phrase longue comme un jour sans pain).

L’une des amabilités avec laquelle je partage ma vie est l’eczéma. J’en ai depuis que j’ai 3 mois environ et je me plais à penser que ce dernier est fort amoureux de moi car il ne m’a jamais réellement lâché depuis lors. Oh, bien sûr, il m’accorde parfois quelques trêves mais finit toujours par revenir…

Le processus de transformation que je mène depuis quelques temps maintenant m’a permis d’obtenir plusieurs mois consécutifs d’amélioration significative de cet eczéma. Et ce, tant sur le plan du nombre de plaques présentes que sur le niveau de démangeaison… Bref, une véritable victoire… au moins de quoi faire péter le champagne…

Seulement, tout ça c’était avant le drame…

Depuis quelques semaines ce cher eczéma a une fâcheuse tendance à vouloir reprendre le chemin de la croissance. Vous me direz, en ces temps de difficultés économiques, disposer de quelque chose qui croît, c’est une bénédiction… Oui, mais non ! Pour moi c’est difficile à vivre, c’est comme une régression, comme si tout ces efforts produits depuis des mois était vains… Et le pire c’est que je ne parviens pas à saisir les raisons de cette inversion de tendance…

Un matin, alors que cet eczéma avait installé une belle ambiance de démangeaisons entêtantes et persistantes, ma compagne, voyant que j’étais en train de me diriger vers les 36èmes voire 37èmes ou 38èmes dessous, s’approche de moi et m’interroge sur ce qui m’arrive. Ni une, ni deux, me voilà parti dans une diatribe contre mon sort dont je vous rapporte dans les quelques lignes qui suivent l’essentiel :

“ C’est mon eczéma qui revient, ça me gratte. De toute façon tout ce que je fais depuis des mois ça ne sert à rien, ça n’a jamais servi à rien d’ailleurs, c’est toujours pareil à chaque fois que je fais des efforts cela ne marche pas. Cela ne me mène nulle part… Je suis condamné à me trimballer mes merdes de santé toute ma vie. A ce compte là, autant tout arrêter…”.

Je vous passe les détails finaux de mon monologue qui, de toute manière n’apporteraient rien de plus au sens du message, sauf peut-être, quelques belles expressions fleuries… Bref, l’ambiance était posée !

Ce qui a été le plus troublant, c’est qu’en prononçant mon laïus, ma petite voix intérieure me disait :

“Grégory, tu es entrain de faire le gros pessimiste, là. Tu sais pourtant ce que c’est. Tu as lu, tu as appris des choses là-dessus… Ne te laisse pas piéger, tu as des outils pour sortir de ton désespoir… Utilises-les et casses tes ruminations négatives. Bordel. !!!”.

Oui, ma petite voix peut avoir son petit ton autoritaire… Mais là, elle a eu beau se montrer ferme, il n’y avait rien à faire. J’étais conscient de mon attitude et dans le même temps incapable de la stopper… J’étais une machine folle à fabriquer du pâté pessimiste (je ne sais pas pour vous, mais, moi, le concept me plaît bien).

C’est en analysant mon comportement à la suite de cet épisode que m’est venue l’idée de vous livrer cet article consacré au binôme “pessimisme / optimisme”.

Le pessimisme et l’optimisme de tous les jours…

Au quotidien, entre pessimiste et optimisme, il me semble que le second constitue l’attitude la plus valorisée des deux. En effet, vous n’entendrez pas quelqu’un vous demander directement de voir le verre à moitié vide ou encore de considérer les choses du mauvais côté…

Seulement, lorsque l’on y regarde de plus près et qu’on s’intéresse aux messages plus latents, j’ai le sentiment que l’on tombe vite sur ce que j’appelle des “incitations au pessimisme”. Par exemple, lorsque qu’une personne se lance dans un nouveau projet sortant un peu de l’ordinaire. Ne vous est-il jamais arrivé d’entendre ou même ne vous êtes vous jamais vu prononcé des phrases du style :

  • Que feras-tu si ça ne marche pas ?
  • Attention à ne pas y mettre trop d’espoir !
  • Mieux vaut envisager le pire, au cas où.

Je me suis souvent demandé pourquoi on entendait quasiment jamais des choses comme :

  • Que feras-tu si ça marche ?
  • Surtout mets-y un maximum d’espoir !
  • Mieux vaut t’attendre au meilleur, au cas où.

Il m’apparait qu’au final, c’est un peu comme si inconsciemment, se montrer pessimiste était une stratégie perçue comme plus sûre, une forme de protection contre les coups du sort qui pourraient venir frapper à notre porte. Se pourrait-il que, dans notre société, pessimiste soit soit un synonyme de réalisme ?

Bon, c’est pas le tout, j’arrête là mes élucubrations philosophiques et m’en vais faire ce que vous attendez depuis le début : Déballez la science !!!

Alors faîtes un peu place, je vais poser tout ça par là….

C’est quoi qu’est-ce être optimiste et pessimiste pour la science ?

On est d’accord ce titre n’est pas orthodoxe mais bon… il me plaît, c’est l’essentiel. Non ?

La recherche en psychologie est particulièrement prolifique sur le sujet du pessimisme et de l’optimisme. En me baladant joyeusement dans ce champs d’étude, j’ai pu glaner quelques éléments généraux de définition.

Commençons par l’optimisme… il s’agit d’une tendance à :

  • Envisager ce qui nous arrive sous l’angle le meilleur.
  • Percevoir d’abord l’issue positive des événements.
  • S’attendre à vivre des expériences positives dans le futur.

De l’autre côté du miroir, le pessimisme est plutôt définit comme une tendance à :

  • Voir ce qui ne vas pas
  • Envisager et anticiper le pire

A ce propos, Chuchill propose une formule qui, je trouve, résume assez bien les choses :

“Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ».

Quel talent…

Vaut-il mieux être optimiste ou pessimiste ?

Les effets de l’optimisme

La tendance à l’optimisme a des effets validés sur la santé physique et psychologique, mais aussi, sur les pensées et les comportements.

Ainsi, les énergumènes ayant l’outrecuidance de se montrer optimiste :

    • Connaissent globalement des niveaux de bonheur et de satisfaction plus élevés
    • Rencontrent moins de symptômes anxieux et dépressifs au cours de leur vie (Cela parait logique au regard du premier point)
    • Sont plus satisfaits de la qualité de leur relation conjugale
    • Disposent de meilleures performances sportives (Soyez optimiste et vos performances sportives vont s’envoler ! )
    • Savent mieux faire face au stress et à la  maladie

    Selon une étude menée en 1989 (1), les personnes optimistes se rétablissent plus aisément et recouvrent plus facilement la santé suite à une intervention chirurgicale importante ou après avoir reçu un diagnostic de cancer. Comment s’y prennent-elles ? En fait, elles font preuve d’adaptation en mettant en place un certain nombre de techniques leur permettant de rester fonctionnelles et actives dans les situations qu’elles rencontrent. Elles emploient par exemple, l’acceptation, l’humour ou encore la religion… Cette étude montre en sus que les plus pessimistes se dirigent plus volontiers vers des stratégies de protection et de refus comme le déni et le désengagement comportemental.

    • Ont un système immunitaire plus efficace et connaissent une meilleure réparation de leurs blessures (un super pouvoir intéressant…)
    • Parviennent globalement mieux à atteindre les buts qu’ils se sont fixés

    Leur secret ? Ils ne désespèrent pas, ils cherchent toujours comment contourner les éventuels embûches et se montrent plus adaptables. Il savent donner le meilleur d’eux-même, accepter la réalité sans s’y appesantir en se centrant sur la recherche des solutions qui leur permettent de résoudre leurs problèmes.

    • Ont plus de chance de remporter une victoire politique (Et oui !!!)

    Comment peut-on savoir cela ? En fait c’est l’analyse systématique (4) des discours des candidats aux élections présidentielles américaines  de 1900 à 1984 qui a permis de montrer que ceux qui contenaient le plus d’éléments expliquant le monde de manière pessimiste correspondaient à des candidats ayant perdus en moyenne 9 fois sur 12 entre 1900 et 1944 et 9 fois sur 10 entre 1948 et 1984. Un message à prendre en compte pour tous ceux d’entre-vous qui veulent briguer des mandats… A bon entendeur.

    Les effets du pessimisme

    Après tous les effets positifs de l’optimisme énumérés dans le paragraphe précédent, le pessimisme parait en bien mauvaise  posture.

    Alors oui, qu’on se le dise, en gros le pessimisme a plutôt les effets inverses à ceux de l’optimisme, à savoir : anxiété, manque d’adaptabilité, effets néfastes sur la santé physique… et j’en passe.

    Néanmoins, un peu de subtilité que diable ! Car, si le pessimisme ne servait à rien, l’évolution ne l’aurait probablement pas retenu comme une stratégie disponible.

    Alors à quoi sert-il, ce pessimisme ?

    En somme, à garder les pieds sur terre ! En effet, il arrive que certaines personnes poussent l’optimisme à son paroxysme et passent du côté obscur de la force… celui des illusions positives. Késako ?

    Pour une personne, entretenir des illusions positives c’est avoir des croyances, en l’avenir, en ses propres capacités exagérément positives, hors de toutes considérations pour la réalité. Ces croyances l’amenant à sous-estimer les risques qu’elle encoure, à surestimer ses capacités, et donc, au final, à s’exposer (elle comme son entourage d’ailleurs) à de graves déconvenues.

    A titre d’exemple, si je suis dans l’illusion positive que je peux réussir à escalader l’Everest la semaine prochaine sans m’entrainer ou que je vais créer mon entreprise dans 3 jours sans préparation… Je pense que cela ne va pas aller tout droit…

    Le pessimisme a donc pour rôle de nous empêcher d’entrer dans une espèce de vision hors du monde.

    Ce pessimisme utile, les chercheurs lui ont donné le doux nom de “pessimisme défensif”.

    Les recherches menées sur ce sujet (5) montrent que les personnes qui adoptent cette stratégie dans les situations particulièrement risquées, c’est-à-dire qui comportent une potentialité d’échec importante ou de forte atteinte de l’estime de soi parviennent à  :

    • Réduire le risque de déception et de regret.
    • Se préparer à affronter les difficultés avec lucidité.
    • Se concentrer sur les difficultés concrètes et l’effort à fournir pour réaliser une tâche.
    • Canaliser leur anxiété et à la transformer en motivation.

    Alors comment se comporter au final ?

    Ce que j’ai envie de vous dire c’est que globalement il apparait que l’attitude optimiste soit la plus favorable à notre développement, à notre santé et à notre bien-être. Toutefois, et comme souvent dans la vie, il convient de faire preuve d’adaptation et d’incorporer dans sa stratégie un soupçon de pessimisme défensif dans les situations les plus engageantes. Retenez toutefois qu’une stratégie pessimiste utilisée de manière récurrente est, à terme, délétère pour votre santé.

    Comment est-on optimiste et pessimiste concrètement ?

    Lorsqu’un événement, positif ou négatif, nous arrive, une des premières questions que nous nous posons est : pourquoi cela m’arrive-t-il ?

    Une fois notre soif de réponse étanchée et des causes mises à jour, nous ne nous arrêtons pas en si bon chemin… Non, non, non ! Ce serait trop simple ! Nous nous attelons ensuite à émettre un jugement sur la nature des causes que l’on a découvert. C’est la coloration de ce jugement qui préside au fait que nous soyons pessimiste ou optimiste (j’avoue cette phrase est un poil haut de gamme).

    Comment nous y prenons-nous pour juger les causes des événements ?

    Les psychologues ont mis en évidence 2 critères sur lesquels nous émettons un avis :

    • La permanence des causes
    • La généralisation des causes

    La permanence : cet événement est-il lié à des causes permanentes dans le temps ?

    La permanence renvoie à la manière dont une personne perçoit la cause de ce qui lui arrive comme étant temporaire ou permanente dans le temps.

    Pour illustrer le propos, que dîtes-vous lorsqu’il vous arrive quelque chose de bien, comme par exemple, gagner à un jeu de grattage de type loto ou autre ? (et ne me dîtes pas que ça ne vous arrive jamais !). Je vous laisse quelques instants pour répondre intérieurement. Ça y est ?

    Si votre réponse va plutôt vers “C’est mon jour de chance” vous avez un style pessimiste. En effet, dans ce cas vous considérez que le fait que vous ayez gagné est lié à un facteur temporaire “un jour de chance”. Ainsi, vous ne penserez probablement pas que vous pourriez gagner à nouveau le lendemain puisque votre jour de chance sera terminé.

    En revanche si votre réponse s’approche plus de “Je suis chanceux de nature”, là vous avez un style optimiste. En effet, dans ce cas, vous considérez la cause de votre gain comme permanente dans le temps “vous êtes chanceux aujourd’hui, comme vous l’étiez hier et le serez demain”. Ce mode de pensée vous permet plus facilement d’envisager que vous pourriez gagner plus tard.

    Cela vous parait clair ? J’en  rajoute un peu avec un exemple différent ? Allez, c’est vendu, Je sais que vous en mourrez d’envie…

    Que vous dîtes-vous lorsque qu’il vous arrive une chose moins cool comme vous prendre une remarque désagréable par votre patron (et ne me dîtes pas que ça ne vous arrive jamais !) ? Je vous laisse le temps de la réflexion. C’est bon pour vous ?

    Si votre réponse va vers “mon patron est de mauvaise humeur aujourd’hui” vous avez un style… optimiste. En effet, dans ce cas de figure la cause que vous attribuez à l’événement est temporaire. Votre patron sera probablement de meilleure humeur demain et ne vous fera pas d’autres remarques désagréables, il pourrait même s’excuser…

    A l’inverse, si votre réponse va plutôt vers “mon patron en a toujours après moi”, vous attribuez une cause permanente et pensez donc que cet événement va pouvoir se reproduire.

    Pour y vois plus clair, rien de tel qu’un petit tableau :

      Si vous interprétez les événements positifs de manière…Si vous interprétez les événements négatifs de manière…
      Vous avez un style optimistePERMANENTE

      J’ai gagné au jeu car je suis chanceux

      TEMPORAIRE

      Mon patron m’a fait des reproches car il est de mauvaise humeur aujourd’hui

      Vous avez un style pessimisteTEMPORAIRE

      J’ai gagné au jeu car c’est mon jour de chance

      PERMANENTE (Jamais, toujours)

      Mon patron m’a fait des reproches car ne peut pas me sentir depuis toujours

       

      Pour terminer sur la notion de permanence, en fait, lorsque nous échouons dans l’un de nos projets, nous devenons tous momentanément impuissants. Mais ce sentiment d’impuissance disparait rapidement chez les personnes optimistes alors que pour d’autres elle perdure dans le temps.

      A l’inverse quand nous réussissons, les personnes qui interprètent cela comme relié à une cause permanente redoublent d’efforts après un succès. En revanche, celles qui attribuent leur succès  à des causes temporaires peuvent abandonner parce qu’elles pensent que c’est un coup de chance.

      La généralisation : Les causes de cet événement sont-elles particulières à un domaine de ma vie ?

      Le deuxième critère sur lequel nous émettons un jugement concerne le caractère particulier ou universel que nous attribuons à la cause de l’événement qui nous arrive.

      Ainsi, à certains moments nous pouvons circonscrire une cause à une situation donnée, tandis qu’à d’autres, nous pouvons la généraliser à plusieurs dimensions de notre vie.

      Allez un petit exemple… pour vous aider à visualiser cette généralisation.

      Lorsque vous recevez de mauvais retours consécutifs à un travail que vous avez réalisé, vous pouvez-vous dire, soit premièrement, quelque chose du genre “je rate tout ce que j’entreprends”, soit deuxièmement, une phrase comme “Je n’ai pas assez travaillé mon truc”.

      Dans le premier cas, vous avez un style pessimiste puisque vous généralisez la cause de ces retours négatifs à toutes les dimensions de votre vie : si vous avez de mauvais retours c’est parce que, d’une manière générale, vous ratez tout. Le problème de ce type de raisonnement c’est que vous considérez implicitement que quoi que vous fassiez, quelque soit le domaine de votre vie, vous ne réussirez pas. Pas top !

      Dans la deuxième hypothèse, vous avez un style optimiste puisque vous contenez la cause de ce mauvais retour à quelque chose de particulier : votre manque de travail. Ce qui signifie que la prochaine fois, en travaillant plus, vous pourrez changer la donne. Vous avez du pouvoir pour rétablir les choses. Top !

      Une dernière illustration avec un événement positif cette fois-ci.

      Que vous susurez-vous quand vous recevez des félicitations sur ce magnifique gâteau au chocolat que vous avez concocté à vos invités ? Si votre réponse est de type : “je réussis ce que j’entreprends”, vous avez une tendance optimiste. En revanche, si votre voix interne vous dit plutôt : “je suis bon dans la préparation des gâteaux au chocolat”, là, vous avez plutôt un style pessimiste. You understand ? (Yes, I speak english very well…).

      Allez un dernier petit tableau pour la route et pour le fun de récapituler :

      Vous interprétez les événements positifs de manière…Si vous interprétez les événements négatifs de manière…
      Vous avez un style optimisteUNIVERSELLE

      J’ai réussi mon exercice de maths car je suis doué

      PARTICULIÈRE

      J’ai raté mon exercice de maths car je n’ai pas assez révisé

      Vous avez un style pessimistePARTICULIÈRE

      J’ai réussi mon exercice de maths  car je suis doué en maths

      UNIVERSELLE

      J’ai raté mon exercice de maths car je rate tout ce que j’entreprends

      Pour terminer sur la notion de généralisation, il est remarqué que les personnes qui fournissent des explications universelles à leurs échecs peuvent abandonner rapidement à l’apparition des premiers revers dans un domaine. A l’inverse, les personnes qui fournissent des explications particulières peuvent se sentir impuissantes dans un domaine précis mais continuent résolument dans les autres.

      Synthèse de la synthèse de la synthèse…

      Au final, vous pouvez retenir que la permanence prédit la durée pendant laquelle une personne va baisser les bras après un revers et montrer de la résilience (c’est-à-dire de la capacité à triompher des différents échecs). Alors que la généralisation détermine si l’impuissance ressentie dans une situation se diffuse ou non dans de nombreux autres.

      Application : Le modèle ABCDE

      Inspiré des travaux de Seligman (2008)

      Cette méthode simple et maintes fois éprouvées permet d’augmenter son niveau d’optimisme en utilisant sa  capacité à remettre en question ses propres pensées pessimistes.

      Pour cela, il est d’abord essentiel d’allumer, à partir d’aujourd’hui, votre détecteur à pensées pessimistes (il est normalement déjà en marche au regard de ce que vous avez lu auparavant).

      A chaque fois que vous en aurez une dans votre radar, capturez-là et réduisez-là en pièces en utilisant les étapes de questionnement indiquées ci-dessous.

      Pour vous familiarisez avec le torpillage en règle de vos croyances pessimistes, je vous conseille de réaliser l’exercice par écrit dans un premier temps. Plus vous le ferez, plus cela deviendra un automatisme.

      Étape 1 : A comme “Adversité”

      L’adversité qualifie la situation que vous rencontrez et dans laquelle est née la (vile) pensée pessimiste.

      Ainsi, commencez par décrire la situation ou le contexte dans lequel vous avez émis une pensée pessimiste.

      Ex : Je n’ai pas obtenu la promotion que j’espérais.

      Étape 2 : B comme “Croyances”

      – Euh, on voudrait pas la ramener mais fallait l’oser celle-là, B comme “Croyances”.

      – Oui en fait, là c’est un peu capillotracté le B se réfère en fait à “Beliefs”, que les bilingues traduiront… pour les autres, ils ne vous restent plus qu’à solliciter google translate…

      Dans cette étape, il s’agit de relever les croyances que vous reliez automatiquement à la situation que vous avez décrite dans l’étape 1.

      Ces croyances correspondent souvent à ce que votre petite voix intérieure vous a dit au moment où la situation s’est déroulée ou quand vous y repensez.

      Ex : Je n’ai pas obtenu la promotion que j’espérais. C’est toujours pareil, je n’arrive jamais à obtenir ce que je veux, je suis vraiment nul(le).

      Étape 3 : C comme “Conséquences”

      L’enjeu est dans cette étape d’identifier les incidences que ces croyances ont sur vous.

      Les questions suivantes vont vous y aider :

      • Qu’est-ce que ces pensées me font faire, ressentir et penser ?
      • Qu’est-ce que ces pensées m’empêchent de faire, ressentir et penser ?
      • Qu’est-ce que je penserais, ferais ou ressentirais si ces croyances étaient absentes ?

      Ex : Je n’ai pas obtenu la promotion que j’espérais. C’est toujours pareil, je n’arrive jamais à obtenir ce que je veux, je suis vraiment nul(le).

      Le fait de me dire ceci me rend triste, je me morfonds. Je me dis que cela ne sert à rien que je cherche à évoluer de nouveau si c’est pour que cela se solde pas un nouvel échec, ce n’est pas la peine. Cela fait 2 jours que je reste seul, je n’ai même pas envie de me lever le matin. A quoi bon !

      Si cette croyance était absente, je pourrais relativiser et repenser mon projet professionnel. D’autres possibilités sont sûrement envisageables. Je me sentirais mieux et retrouverais l’envie de me lever le matin et de côtoyer les autres.

      Étape 4 : D comme “Délégitimisation”

      C’est la phase de torpillage, de destruction massive en tant que telle. Le mot d’ordre : pas de pitié !

      Pour délégitimer voici 4 armes à utiliser sans le moindre scrupule :

      Arme n°1: Chercher la preuve

      Sur quoi concrètement fondez-vous votre croyance ?

      Pour le savoir demandez-vous : Quelles sont les preuves de cette croyance ? Sur quoi est-ce que je base concrètement pour appuyer cette croyance ?

      Ex : Je n’ai pas obtenu la promotion que j’espérais. C’est toujours pareil, je n’arrive jamais à obtenir ce que je veux, je suis vraiment nul(le).

      A y regarder de plus près, ce n’est pas toujours pareil, car il y a deux ans, j’ai obtenu une promotion. Finalement c’était peut-être tendu d’en avoir une deuxième de manière si approchée. Je ne suis pas nul (le) car je réussis pas mal de chose et pas que dans le travail d’ailleurs…

      Arme n°2 : Chercher les causes multiples

      La situation qui vous arrive a peut-être des causes autres que celles que vous avez imaginées de prime abord.

      Pour creuser ces éléments demandez-vous s’il n’y a pas d’autres manières, moins destructrices d’interpréter la situation ?

      Ex : Si j’ai raté cette promotion c’est peut-être que je n’ai pas assez préparé mon entretien car cela, au fond, n’a pas tant d’importance pour moi. En fait, cela montre que j’ai envie de bouger voire de faire autre chose dans la vie que mon métier actuel.

      Arme n°3 : Chercher l’utilité

      Il s’agit de se demander simplement et honnêtement :

      • Cette croyance me sert-elle ? Est-elle destructrice ?
      • La situation est-elle modifiable ? Si oui, comment puis-je la transformer ?

      Ex : Le fait de me dire que que je suis nul et que je n’arrive jamais à rien me sert à ma lamenter voire à me poser comme une victime de la situation. Cela est destructeur. Je peux modifier les choses en voyant ce que je peux faire pour reprendre de contrôle des opérations.

      Arme n°4 : Chercher les implications (ou comment décatastropher…)

      Déterminer les implications réelles de la situation : Qu’est que la situation implique vraiment ? Quelles sont ses conséquences véritables.

      Ex : J’ai râté cette promotion et alors… Cela n’a pas d’impacts concrets sur mon quotidien. Mes collègues ne vont pas me conspuer. Je ne vais pas perdre mon job pour autant, je ne vais pas perdre en salaire…

      Étape 5 : E comme “Énergie”

      Dans cette ultime étape, notez simplement le niveau d’énergie que vous ressentez lorsque vous contestez avec succès vos croyances.

      Voilà, j’en arrive au terme de cet article. Un grand merci à vous de m’avoir lu.

      Vous êtes libre de partager vos expérimentations dans les commentaires et de partager cet article autour de vous.

      Avant de partir, n’hésitez pas à jeter un œil à cette vidéo qui explique l’optimisme d’une manière complémentaire .

      Biblio…

      Seligman, M.E.P. (2002). Vivre la psychologie positive. InterEditions Paris.

      Seligman, M.E.P. (2008). La force de l’optimisme. InterEditions Paris.

      (1) Carver, C. S., Pozo, C., Harris, S. D., Noriega, V., Scheier, M. F., Robinson, D. S., Ketchman, A.S., Moffat, F.L. & Clark, K. C. (1993). How coping mediates the effect of optimism on distress: a study of women with early stage breast cancer. Journal of Personality and social psychology, 65(2), 37

      (3) Cheavens, J. S., Feldman, D. B., Gum, A., Michael, S. T., & Snyder, C. R. (2006). Hope therapy in a community sample: A pilot investigation. Social Indicators Research, 77(1), 61-78.

      (4) Zullow, H. M., & Seligman, M. E. (1990). Pessimistic rumination predicts defeat of presidential candidates, 1900 to 1984. Psychological Inquiry, 1(1), 52-61.

      (5) Norem, J. K., & Cantor, N. (1986). Defensive pessimism: Harnessing anxiety as motivation. Journal of personality and social psychology, 51(6)

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