Pourquoi le négatif est-il plus fort que le positif ?

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Pourquoi le négatif est-il plus fort que le positif ?

Cliquez ici pour découvrir ce qu'est le biais de négativité

Bienvenue à vous dans l’épisode 1 de LOST IN EVOLUTION !

ATTENTION, il pourrait changer votre quotidien !

Ne le lisez surtout pas !

 

Pour commencer cet article, je souhaiterais vous mettre à contribution. Vous êtes partant ? OK, alors c’est parti…

Prenez une feuille de papier et faîtes-y 2 colonnes. Maintenant, considérez les 24 dernières heures de votre vie et notez le plus rapidement possible :

  • Dans la 1ère colonne tout ce qui vous est arrivé de négatif au cours de ce laps de temps
  • Dans la 2ème colonne tout ce qui vous est arrivé de positif au cours de cette même période

Merci pour votre participation. Voyons voir vos réponses…

Sans présumer du contenu de vos listes, il y a fort à parier que, d’une part, la constitution de la “négative” vous ait demandée moins de temps que celle de la “positive” et que, d’autre part, la liste “négative” soit plus fournie que la “positive”.

Si mes prédictions sont justes, pas d’inquiétudes… Laissez-moi vous annoncer que vous êtes quelqu’un de tout à fait normal et que votre cerveau a simplement activé, pour réaliser cet exercice, ce que les scientifiques et autres chercheurs en sciences cognitives appellent le “biais de négativité”.

Le biais de négativité. Késako ?

Le biais de négativité renvoie au fait que nous sommes biologiquement “programmés” pour accorder plus d’importance et réagir plus vite et plus fort aux informations que nous percevons comme négatives comparativement à celles que nous analysons comme positives.

D’ailleurs, n’avez-vous jamais remarqué que vous aviez tendance à être plus sensible aux mauvaises nouvelles, que vous étiez plus facilement affectés par les critiques que par les compliments, que vous remarquiez plus aisément les défauts des autres en comparaison à leurs qualités ou encore que vous étiez plus réactif à ce qui vous fait peur par rapport à ce qui vous fait plaisir ?

Les nombreuses recherches menées sur le biais de négativité ont permis de mettre au jour un élément étonnant : notre cerveau met plus d’énergie et d’attention pour traiter le négatif par rapport au positif. Il résulte de cela 3 conséquences :

  • A importance égale une chose négative l’emporte toujours sur une chose positive. Dès lors, une mauvaise nouvelle efface systématiquement une bonne. C’est ce que l’on appelle le pouvoir de la négativité.
  • Une tendance à interpréter les faits avec une teinte négative. Dit autrement, nous voyons plus naturellement le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Ici il s’agit de la dominance négative.
  • Un traitement plus fin et plus élaboré du négatif comparativement au positif. Une des manifestations de cela est visible dans notre langage qui est composé d’un vocabulaire plus fourni et plus varié pour décrire le mauvais par rapport au bon. C’est ce que l’on nomme la différenciation négative.

Au quotidien, le biais de négativité engendre plusieurs effets, par exemple : un oubli des bons souvenirs dans le temps, une focalisation sur les choses négatives qui nous arrivent, une prise de décision se basant plus sur les risques que sur les bénéfices ou encore un jugement des autres qui se construit plus facilement sur leurs défauts que sur leurs qualité… et j’en passe, bien entendu.

      A ce stade, vous vous demandez probablement quelle peut bien être la raison d’exister de ce “biais de négativité” qui nous rend plus sensible aux aspects sombres de la vie… C’est ce que je vous propose de voir dans ce qui suit.

      Être plus sensible au négatif, c’est augmenter ses chances de survie

      Imaginez-vous maintenant vivre il y a 15 000 ans. C’est bon ? Vous y êtes ?

      Vos journées, qu’on se le dise, ne ressemble pas du tout à celles que vous pouvez connaître à notre époque et, effectivement, une activité principale vous occupe : survivre.

      Pour ce faire, vous êtes à présent entrain de fureter dans de hautes herbes à la recherche de nourriture. Soudain, vous apercevez devant vous un mouvement, là-bas, à quelques mètres de vous des herbes s’agitent. Cela peut tout aussi bien être un serpent, un jaguar ou simplement le vent qui se joue de vous…

      Là où vous en êtes, je vous arrête et me permet de vous poser une question fatidique : Quelle est l’interprétation des choses qui vous assurera le plus de chance de survivre et de pouvoir assister au prochain lever du soleil ? Je vous laisse quelques secondes de réflexion…

      Bien entendu, il s’agit de celle dans laquelle vous faîtes l’hypothèse que ce mouvement d’herbes est lié à la présence d’un prédateur ou tout du moins d’un danger quelconque pour votre vie. En réfléchissant ainsi, vous adopterez le comportement adéquat qui vous empêchera de vous jeter dans la gueule du loup (ou du jaguar ou de tout autre bestiole hyper sympathique…).

      A l’aune de cet exemple, nous voyons bien que dans une perspective de survie quotidienne, nos ancêtres avaient tout intérêt à être au taquet sur l’interprétation de ce qui pouvait se passer autour d’eux et, comment, il était plus sûr pour eux de donner plus de poids aux potentialités dangereuses. Ainsi, celui ou celle qui avait la faculté de repérer rapidement le danger avait une plus grande probabilité de survivre, donc de se reproduire, et par conséquent de transmettre ce trait à sa descendance.

      Et voilà comment, au fil du temps, la sensibilité aux choses négatives (dangereuses, inquiétantes…) s’est ancrée dans le fonctionnement du cerveau de notre espèce.

      Comment lutter contre le “biais de négativité”

      Comme nous venons de le voir, d’un point de vue évolutif et dans un environnement hostile, le biais de négativité a toute son utilité puisqu’il augmente les chances de survie…

      Le petit hic, c’est que notre environnement actuel est un poil différent de celui que connaissaient nos lointains aïeux. Et, effectivement, même s’il est indéniable de constater que nous sommes toutes et tous confrontés chaque jour à de multiples problèmes, il est tout aussi exact de remarquer que ces problématiques ne mettent que rarement notre vie physique en danger.

      Par conséquent, le fait de surestimer en permanence le négatif peut, à l’heure actuelle, nous conduire à une certaine forme d’immobilisme par crainte des dangers et/ou des pertes potentielles liées à l’action.

      Pour terminer ce premier épisode du projet “LOST IN EVOLUTION”, je vous propose à la suite 3 techniques qui vous permettront de contrecarrer au quotidien le biais de négativité.

      Technique n°1 : Tenez un journal de gratitude

      L’objectif de cette première technique est d’entraîner votre cerveau à porter régulièrement son attention sur ce que vous vivez de positif au quotidien. Pour la mettre en œuvre, notez chaque soir sur une feuille, juste avant de vous endormir, 3 bonnes choses qui vous sont arrivées et pour lesquelles vous vous sentez reconnaissant.

      Pour en savoir plus sur le journal de gratitude et aller plus loin dans sa mise en œuvre, vous êtes libre de cliquer sur le lien qui suit : La gratitude, un super héros.

      Technique n°2 : Entraînez votre optimisme

      Une des conséquences au fait de voir trop systématiquement la vie sous l’angle du négatif est la propension à développer un certain pessimisme, c’est à dire à s’attendre toujours au pire.

      Sachez qu’il est possible de “muscler” son optimisme en remettant en cause chaque idée pessimiste qui se présente à vos neurones. Par exemple, lorsque vous vous dîtes : “Je ne vais pas réussir ce projet car il est trop difficile…”, ne vous laissez pas piéger par le biais de négativité qui vous rappellera toutes les fois où vous avez échoué et prenez un temps pour vous remémorer toutes les fois où vous avez réussi quelque chose que vous pensiez trop difficile en la commençant.

      Si vous êtes curieux de connaître d’autres techniques pour développer votre optimisme, il suffit de vous laisser guider par le lien qui suit : Je pratique (presque) l’optimisme.

      Technique n°3 : Estimez le coût de l’inaction

      Le but poursuivi par cette dernière technique est en quelque sorte de prendre le “biais de négativité” à son propre jeu. En effet, puisqu’il focalise notre attention sur les possibles dangers et pertes de nos actions, amenons-le à faire de même avec nos inactions. Je m’explique…

      La prochaine fois que vous voudrez faire quelque chose ne vous demandez pas seulement qu’est ce que je risque à agir mais ajoutez-y la question suivante : “Qu’est ce que je risque à ne pas agir ?”… Vous verrez c’est toujours un exercice des plus instructif…

       

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      Mes références et sources d’inspiration…

      Ovadia, N. (2018). Pourquoi ne voit-on que le négatif ? Cerveau & psycho n°101.

      Boutang, J., & De Lara, M. (2015). The Biased Mind: How Evolution Shaped Our Psychology Including Anecdotes and Tips for Making Sound Decisions. Springer.

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